A partir du milieu du XIX° siècle, les rhums arrivent en barriques dans les ports d’Europe comme Bordeaux, Le Havre, Marseille, Londres, Liverpool, Séville et Barcelone, pour ne citer que les plus importants. Là, ils sont coupés, embouteillés et étiquetés.
La concurrence entre les marques étant extrêmement virulente, pour attirer le consommateur dans les cafés et la ménagère dans les épiceries, il a fallu créer des étiquettes toutes plus belles les unes que les autres.
Les thèmes retenus pour illustrer ces étiquettes sont aussi divers que variés. Sur beaucoup figurent pirates et corsaires, les premiers consommateurs, l’exotisme est principalement symbolisé par des animaux qui souvent n’avaient rien à voir avec les Iles productrices ou encore la mer et les plantations et évidemment, la femme, la jolie créole portant bijou comme la plus célèbre, celle qui trône sur les étiquettes du rhum Négrita.
L’homme noir a aussi servi de modèle. Ses traits ont été d’abord africains et plus particulièrement Sénégalais, car c’était à Bordeaux que les tirailleurs de ces régiments d’Outre-mer débarquaient pour aller combattre durant la guerre de 14/18. ils ont inspiré les illustrateurs de cette ville qui les ont pris pour modèles comme le tirailleurs Banania. Peu à peu, leurs traits furent plus créolisés !
Témoins des grands évènements de passé, toutes ces étiquettes ont traversé le temps et les modes, de l’Art Nouveau à l’Art Déco en passant par les Années folles.